Cités des métiers : une approche intégrée de l'orientation tout au long de la vie

 

Document de travail, Juin 2006,

 

Olivier Las Vergnas, Délégué à l'insertion et la formation de la Cité des sciences et de l'industrie. Secrétaire Général du Réseau des Cités des Métiers

Bernadette Thomas, Chargée du Label "Cité des métiers", Cité des sciences et de l'industrie.

 

Un rythme paradoxal de développement du réseau

 

Le concept de Cité des métiers (CDM) est né voici 13 ans, avec la création dans la Cité des sciences et de l’industrie (CSI) de La Villette de la première plate-forme proposant ce niveau d'intégration de services, de publics et de partenaires. En 1999, soit 6 ans après, ouvraient à Belfort, en Côtes d’Armor et à Nîmes trois équipements inspirés de cette expérience et labellisés par la CSI. Depuis, le réseau des CDM se développe d'une manière paradoxale : certes,  ce concept et le cahier des charges qui le définit (voir http://www.reseaucitesdesmetiers.org s'adaptent à des territoires très diversifiés (métropoles comme Paris ou Barcelone,ou territoires plus ruraux comme l'Orne ou les Côtes d'Armor) et à des contextes contrastés (pays très dotés en structures d'insertion et d'orientation comme la France ou vide de tels outils, comme le centre du Brésil), mais le rythme de développement n'est que d'une à deux CDM en France et à peine plus à l'étranger par an. Vu l'adaptabilité du concept, on peut s’en étonner : soit de telles plates-formes se sont révélées utiles et leur mise en place devrait se généraliser, soit le jeu n'en vaut pas la chandelle et alors, le réseau devrait se tarir. De fait, si l'on observe un tel « entre deux » et une progression certes continue, mais toujours mesurée, c'est sans doute que les nombreuses difficultés qui freinent la mise en place des Cités des métiers sont à peine compensées par les vertus qu'elles procurent.

 

Quatre obstacles à la mise en œuvre des Cités des métiers

 

Butter sur la fragmentation des responsabilités territoriales

Les cités des métiers naissant d’initiatives locales, l'engagement  d'au moins une collectivité territoriale est indispensable au rassemblement et à l'adhésion des partenaires. Outre la légitimité qu’il apporte, il garantit aussi un soutien financier le plus souvent vital pour le projet. Mais de fait, les CDM mélangent emploi, orientation, action sociale et concernent donc toutes les échelles territoriales qui se partagent ces responsabilités. Il en résulte des difficultés d'ordre politique à faire y coïncider les intérêts de l'Etat, de la région, du département et du niveau local. De plus, le souci d’équité qui anime les assemblées régionales peut ainsi être un frein car les CDM ne peuvent prétendre couvrir de la même façon tout le territoire d’une région. Inversement dans un territoire trop petit, le projet aura des difficultés à réunir les compétences nombreuses et variées nécessaires au bon fonctionnement.

 

Se heurter à nécessité de résultats à court terme.:

Vouloir faire travailler ensemble des acteurs qui n'ont pas l'habitude de se parler, même s’ils œuvrent  sur le même territoire, n'est pas chose simple. C’est d’autant plus vrai lorsque leurs univers sont aussi différents que ceux de l'éducation initiale, de l'emploi et de l’évolution professionnelle. Quand de surcroît ces acteurs n'ont pas le même rapport aux échéances, les complémentarités n'en sont que plus difficiles à marier. Certains sont poussés par leurs électeurs ou leurs tutelles à fournir des solutions immédiates, tandis que d’autres travaillent à l’échéance d’une génération. Or, créer une CDM c’est accepter d’être tout à la fois dans le temps long de la construction sociale et  dans l'urgence du chômage.

 

De manière symétrique, on retrouve la même difficulté du côté de l'usager d’une CDM. Venu souvent pour trouver une réponse au problème du moment, il découvre que pour le résoudre, il lui faut sortir de l’horizon à court-terme pour se placer dans une perspective de développement de ses compétences qui demande de réfléchir à son choix de vie et à sa gestion de carrière.

 

Se confronter à tous les critères de la charte CDM

Les critères qui définissent les CDM (voir encadré) et sous-tendent la plus-value qu’elles apportent à leurs utilisateurs, sont loin d’être simples à assumer au quotidien. Ainsi, le décloisonnement des publics amène les professionnels à remettre en cause leurs pratiques traditionnelles et leurs modes de fonctionnement habituels ce qui peut leur faire craindre une perte ou un dévoiement de leur professionnalisme. Depuis le sommet européen qui s’est tenu en 2000 à Lisbonne, la prise de conscience par les politiques et les professionnels de la nécessité d’une vision plus globale de l’orientation et de la formation tout au long de la vie a contribué, tout au moins en théorie, à lever ce frein.

 

Parmi les critères, l’anonymat réciproque est celui qui apparaît comme le plus contraignant. Cette  question a toujours posé problème ; aujourd’hui, c’est un des points de vigilance mis en relief avec l’actualité des Maisons de l’emploi impulsée par l’Etat. Dans un contexte où prédominent la culture de l'évaluation et la crainte de la dilution des responsabilités, les institutions partenaires des CDM ne voient pas toujours l'intérêt d'opérer dans un cadre où la visibilité de leur action par les bénéficiaires comme par les tutelles n'est pas évidente. Un autre aspect de l’anonymat est aussi mis en cause : l'évaluation de la « rentabilité » du système est difficilement mesurable si l’on s’interdit de « suivre » l'usager dans l'utilisation des ressources mises à sa portée. Cet obstacle n’est pas insurmontable puisque quatre des cités françaises ont d’ores et déjà trouvé le moyen de développer des synergies en s’associant à des maisons de l’emploi.

 

Reconstruire en permanence un partenariat mouvant qui bouleverse les identités

Les CDM reposent sur la complémentarité et la coopération d'acteurs aux domaines de compétences divers qui décident de mutualiser leurs ressources.  Comme la volonté politique ne suffit pas à faire vivre le partenariat, encore faut-il le coordonner et l’animer. Or, les CDM sont en permanence en recherche d'équilibre entre les attentes des différents partenaires. La fragilité de la structure partenariale, toujours soumise aux aléas et aux évolutions de l'environnement, en rend le pilotage délicat. La complexité du montage partenarial et la flexibilité des assemblages induisent une difficulté à mettre en place des instances de décision adéquates qui permettent le maintien d’un « équilibre dynamique » garant de la pérennité du système. Cette difficulté est renforcée lorsque les CDM sont appelées à participer à d’autres structures, fédératrices elles aussi, comme c’est le cas aujourd’hui avec les Maisons de l’emploi en France.

 

… compensés par des atouts inédits pour l’usager

 

Apporter outils et  médiations complémentaires dans un processus d'apprentissage de l'autonomie

La variété et l'étendue de la documentation sont les conditions indispensables pour que le public puisse se faire sa propre opinion, découvrir des informations qu'il ne connaissait pas et ouvrir, par là-même, de nouvelles pistes d'orientation, d'insertion et de formation. Mais sans la médiation humaine des conseillers, tout ceci pourrait se réduire à la juxtaposition d'une multiplicité d'outils difficilement accessibles, de surcroît, aux publics les moins autonomes. C'est l'interaction entre conseil et ressources qui va favoriser un processus d'apprentissage fondé sur une démarche alternant recherche autonome dans l'espace des ressources et accompagnement dans l'espace de conseil.

 

Donner l'opportunité de gérer ses questions et son temps selon ses propres rythmes

La Cité des métiers est centrée sur la demande, la question, le problème de l'usager. Celui doit pouvoir ouvrir sa problématique, lui redonner un sens et s'approprier une stratégie d'action grâce à l'information et au conseil les plus larges de manière à éviter l'orientation « par défaut » et la démotivation. L'espace fonctionne sans rendez-vous imposé : ce qui compte c'est le temps de l'usager, l'urgence de sa question ou le respect de l'étape qu'il est venu franchir. Devenir plus acteur de sa vie professionnelle suppose, pour l'usager, un parcours, des temps de réflexion, un cheminement personnel nécessitant de multiples supports et contenus adaptés aux différentes étapes de la vie professionnelle et notamment pour les jeunes la possibilité de faire un bilan de leurs acquis, de leurs intérêts et de leurs aptitudes.

 

Permettre l'identification des prestations comme des solutions aux ses propres préoccupations

Dans les Cités des métiers, la mutualisation des ressources est une pratique quotidienne des conseillers pour répondre aux questions concrètes des publics au sein des pôles de conseil. Des prestations différenciées selon les publics sont offertes dans un même lieu, mais à la différence des "guichets uniques" traditionnels, ces prestations ne sont pas organisées par institutions ou par mesures, mais en fonction des préoccupations du public. Par exemple, on y trouve un pôle « changer sa vie professionnelle » et non « VAE » ou « DIF », encore moins « CIBC », « AFPA », »DAVA ». Il résulte aussi de ce mode de fonctionnement une mutualisation du travail réalisé en « back office » pour répondre mieux ensemble aux demandes des personnes et aux évolutions de leurs attentes.

 

Dans un espace Cité des métiers, on doit pouvoir venir et revenir à différentes étapes de maturation de ses choix professionnels pour s'informer sur les dispositifs existants, choisir une prestation en connaissance de cause ou rebondir vers d'autres prestations. Les services se situent donc en complémentarité des SCUIO et autres institutions spécialisées dans le champ de la vie professionnelle et peuvent proposer un aiguillage ou un ré aiguillage vers des prestations délivrées par celles-ci. En faisant se croiser les missions des différents organismes, elle favorise une meilleure prise en compte des liens. Enfin, la Cité des métiers est ouverte à toutes les démarches, que l'entrée soit une question clairement formulée, ou un problème exprimé par ceux qui ne savent plus quelle question poser, tant ils sont en décalage par rapport aux règles du jeu, et donc par rapport aux dispositifs existants.

 

… et le lien entre orientation des jeunes et évolution professionnelle des adultes

 

Mais, au-delà de ces quatre vertus, les CDM sont les seuls lieux d'orientation tout au long de la vie conçus pour être communs aux jeunes scolarisés ou non et aux adultes occupés ou non . En permettant le développement d’un dialogue inter-générationnel sur les choix d'orientation, cette intégration présente des avantages pour les uns comme pour les autres.

 

En ce qui concerne les jeunes, elle favorise une prise de conscience des difficultés d'accès ou de maintien dans l'emploi à tout âge et encourage ainsi à se préoccuper des possibilités futures d'insertion lors un choix d'orientation. Elle leur permet d'identifier des lieux ressources et des structures susceptibles de les aider à s'intégrer sur le marché du travail. De plus, elle  les familiarise aux techniques de recherche d'emploi  et leur donne accès à une palette d’outils pour améliorer leur connaissance du marché du travail.

 

Pour tous les publics, elle permet la dédramatisation des situations de réorientation souvent vécues comme un échec, notamment par les étudiants et les jeunes, en offrant une meilleure connaissance des différentes voies de formation (apprentissage, formation continue) et de validation ;  elle conduit à mettre en perspective réflexions à court terme et à long terme, gestion de ses compétences et anticipation professionnelle, améliorant la lisibilité du lien entre formation, emploi, insertion professionnelle. Enfin, elle facilite les transitions dans la vie des individus en favorisant des stratégies davantage en prise sur le monde économique et tenant compte des choix de vie.

 

Ainsi, plus généralement, une des idées force sous-jacente aux "Cités des métiers" est d'éviter le saucissonnage des différentes situations de pilotage de sa vie professionnelle. Du point de vue des promoteurs d'un tel concept, 13 ans après, on peut regretter de ne voir ce concept que sur quelques territoires. En tant que citoyens, on peut juste regretter le caractère inéquitable du résultat. Paradoxalement, bien qu’elle ajoute un élément de complexité à un pilotage qui l’était déjà, l’émergence des MDE semble aujourd’hui renforcer l’attrait pour le concept de CDM. N’est-ce pas finalement parce que le concept donne de la cohérence à des politiques qui ont du mal à se coordonner ?

 

Dans les CDM depuis de nombreuses années, on a développé une ingénierie spécifique de l’orientation, respectueuse de l’autonomie de la personne et s’appuyant sur sa participation active au processus d’orientation. La recrudescence d’intérêt pour ce concept aujourd’hui ne tiendrait-elle pas au fait qu’il se positionne dans un juste milieu, apte à faire converger intérêt individuel et intérêt collectif,  à la fois résistant à la pression du marché du travail et à la recherche exclusive d’adéquation, et à la fois permettant à l’individu de replacer ses aspirations dans une démarche stratégique de gestion de sa vie personnelle et professionnelle ?

 

Similarités et différences de part et d'autre des frontières

Construire une Cité des métiers consiste à fédérer les acteurs d'un territoire autour de valeurs qui ont une portée universelle et se traduisent concrètement par la volonté de donner à chacun l’envie et les moyens de choisir sa vie professionnelle plutôt que de la subir  en proposant accueil, conseils et outils pertinents. Ce processus  peut être mis en œuvre dans la plupart des pays qui se préoccupent  de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Bien sûr, le portage et la conception s'appuieront  sur des partenaires locaux dont le découpage, la formalisation et les moyens dépendent très largement du contexte. Il en va de même pour la formulation des préoccupations des publics dont le découpage conduira à un nombre variable de pôles de conseil avec des dénominations adaptées en fonction des particularités socio-économiques des territoires.

Derrière ces variations d'intitulés et de la répartition des compétences entre partenaires, ce sont les mêmes questionnements des institutions et des personnes que l'on retrouve dans les CDM, à l’intérieur comme au-delà des frontières. Par contre, des différences majeures apparaissent quant à la dotation des pays en termes d’outils d'information d'une part et d’instruments d'évolution d'autre part : la préexistence ou non d'outils d'insertion et d'orientation (descripteurs de métiers, bases d'offres d'emploi et service public de l'emploi) et l'existence ou non de dispositifs favorisant la formation tout au long de la vie (équivalent de nos VAE, CIF, DIF ou autres bilans de compétences) sont cruciales pour le bon fonctionnement d'une CDM. De fait, il sera toujours possible pour une Cité des métiers (à condition d'en trouver les financements et les partenariats) de palier le premier manque et de produire, comme à Barcelone par exemple les outils d'information et de description manquants; en revanche il sera plus difficile de faire levier sur le manque de réel instrument de gestion prévisionnelle des emplois et compétences d'un territoire, sauf si la CDM est créée sciemment par les autorités dans ce but, comme cela devrait être le cas à Maurice, et peut-être à Santiago : voilà qui reviendrait enfin à concevoir les instruments de qualification et de gestion de carrière en même temps qu'un réel système de conseil à tous.

Une dimension transnationale qui apporte surtout en terme de mise en perspective

Si la faible densité du réseau ne lui permet pas de produire directement l'information transnationale utile à chacune des CDM, son rôle est de diffuser en toute impartialité l’information produite par des réseaux comme Eures. De fait, pour nous Français, la dimension transnationale a principalement permis deux apports : d'une part, elle a contribué à la formalisation du label et du concept, en obligeant à le regarder et surtout le décrire dans d'autres langues et cultures ; d'autre part, elle a permis d'élargir la réflexion grâce à des travaux communs à une ou plusieurs CDM dans des projets européens  généralisant les valeurs défendues dans le réseau , à savoir soutenir l'équité d'accès au travail (pour certains publics -comme les projets Gender News et Extracompetence- ou par un meilleur repérage des métiers et compétences comme le projet du ROME en Sardaigne) et à la "formation tout au long de la vie" ou comme avec le projet SCATE, l"empowerment" (au sens d’émancipation, cf (4)) des personnes vis-à-vis de leur avenir professionnel (orientation choisie en connaissance de cause, éducation des choix). Cette logique prévaut aussi au sein du réseau national à l’instar du projet français Equal favorisant le maintien et le retour à l'emploi des plus de 45 ans.

Plusieurs CDM (Nord-Franche Comté à  Belfort et Montbeliard,  Haute Normandie) ont intégré la dimension transfrontalière dans leurs activités régulières (permanence Eures et ateliers spécifiques). La République de Maurice nourrit l’ambition d’une CDM qui faisant école dans l’Océan indien développerait un réseau de partenaires. Une intégration forte a été au centre de  projets qui n'ont pas pu aboutir, comme le Calaisis ou Bruxelles, mais de nouveaux sont en pleine actualité, comme celui du Pays Basque et sans doute prochainement celui d'Annemasse. Une des spécificités des CDM est de construire offre et projet à partir des préoccupations réelles des publics et le moins possible de tel ou tel découpage institutionnel ou politique. Par construction, elles se définissent donc en fonction des bassins d’emploi et de vie effectifs des habitants. Gageons que cela facilitera aussi la mise en place de services transnationaux pertinents en termes d’outils et d’échelle.

Toujours d'actualité, mais à actualiser !

Ce qui est très frappant, c’est que le concept Cité des métiers est toujours en pleine actualité dans des territoires très variés, comme en témoignent les différentes labelisations dont nous venons de parler alors qu’il a aujourd’hui plus de treize ans et qu’il a été inventé bien avant l’émergence d’internet, à une époque où les problèmes et les modalités de recherche d’information et de documentation étaient toutes autres.

La généralisation partout dans le monde des accès à l’information virtuelle pourrait donc nous inquiéter. De fait, nous sommes nombreux à penser que si nos Cités des métiers restent aussi pertinentes c’est parce qu’elle sont non seulement des lieux d’information, mais aussi des lieux de conseils et de rencontre complémentaire de ce que l’on peut trouver en ligne et dans d’autres lieux plus spécialisés. Nous notons également que, en France en particulier, l’amélioration de l’accès aux offres d’emploi et le déploiement de dispositifs de suivi des demandeurs d’emploi semble faire glisser la nature des demandes vers le plus long terme.

Dans ce contexte là, l’observation des évolutions des publics en 2005 (en particulier à Paris, mais pas seulement) nous conduit à penser qu’il faut, toujours dans le cadre de la même charte, adapter les offres de nos Cités des métiers selon deux axes, en fonction des évolutions des modes d’information d’une part et en fonction des évolutions des besoins de ressources et de conseils d’autre part.

Les CDM face aux évolutions des modes d’information des publics

Adapter la présence de chaque CDM sur le Web
Il s’agit d’être visible par ceux qui cherchent leurs informations sur le Web et montrer la complémentarité d’un lieu physique en développant des outils méthodologiques utiles à ceux qui surfent, en mettant en en ligne les contenus des contenus des pôles de conseils sous forme de portails et contenus des événements et en créant des listes de diffusion pour des clubs virtuels

Améliorer la Proximité des CDM,
Il s’agit non seulement d’ouvrir des centres associés et des sites dans les « pays », non seulement d’alimenter les réseaux, mais aussi de s’adapter à la demande qui est de plus d’échange et de confrontation. Pour cela développer largement les clubs, à partir des exemples des cercles de recherche d’emploi et du club de créateurs/repreneurs. Il s’agirait d’accueillir à des rythmes mensuels des cercles de personnes voulant évoluer, voulant valider, bénéficier au mieux de formations... De même des clubs « orientation jeunes diplômés, autodidactes, construction projets pour étudiant) …

Améliorer l’accueil de groupes et l’accessibilité,
Il s’agit de développer notre capacité à répondre aux multiples demandes émanant des groupes scolaires, d’insertion ou d’évolution professionnelle (élaborer des scénarios en lien avec le monde scolaire, développer les modules avec les organismes d’insertion, et les prestataires des services de l’emploi), mais aussi de développer l’accès pour les handicapés, les usagers du système de santé, améliorer l’accessibilité physique, l’ergonomie générale et le confort, mieux gérer l’ambiance, l’attente, mettre à niveau les services techniques minimums (CV, clefs USB, email, impression)

Les CDM face aux évolutions des besoins de ressources et de conseils des publics

Développer les moyens de l’évolution tout au long de la vie et d’un meilleur « épanouissement professionnel »

Il s’agit d’élargir la fonction « changer sa vie professionnelle » en ajoutant plus explicitement une fonction « s’informer sur ses droits », voire une fonction s’organiser pour travailler de façon plus épanouissante… Ce qui signifie de nouer de nouveaux partenariats sur les thématiques : Info et conseils « droits », question du harcèlement, discrimination, conciliation des temps santé et travail, préparation retraite…

Informer plus précisément sur la situation de l’emploi et des professions

Il s’agit de devenir plus encore les lieux publics de référence pour la communication des données sur le marché du travail, sur la situation de l’emploi de la formation professionnelle, en lien avec les medias en particulier.

Expérimenter des innovations performantes des partenaires

Il s’agit aussi de s’organiser pour détecter, adapter et mettre en œuvre les innovations lancées ça et là pour favoriser l’orientation, l’insertion professionnelle l’intégration et la sécurisation des parcours professionnels. A Paris par exemple, nous allons tester dans l’année qui vient la domiciliation au « club CDM » de jeunes issus des quartiers ainsi que une plate-forme de mis en œuvre de nouvelles formes de recrutements et d’orientation (par simulation, par « vocation »).

Voilà donc autant de défis pour nos cités des métiers et notre réseau dans les années qui viennent. Nous sommes persuadés qu’ils peuvent être relevés et gagnés dans le cadre du concept et du label CDM dont aucune des valeurs ne semble devoir être remise en cause au vu de l’année 2005 (à ce titre, seules les questions d’un pré-label pour aider à l’émergence des projets et celle d’une seconde forme de reconnaissance pour des plates-formes éclatées, à une nouvelle échelle de plus grande proximité se posent pour 2006), . A nous d’organiser au mieux nos échanges et notre réseau pour nous permettre de nous épauler les uns les autres pour y parvenir, en nous appuyant en particulier sur des rencontres physiques mais aussi notre site web (y compris en terme de contenu pour le public final, comme le préfigure ce que nous allons entreprendre pour Equal en France).

1. Malgré cela nous avons fait le choix de  développer un réseau maillé de pôles plutôt qu’une structure pyramidale par pays, pensant que les échanges points à points devaient être autant favorisés que les échanges pays à pays.

2 . O. Las Vergnas, C. Estienney, Favoriser les parcours de formation par l’information et l’orientation : marier les labels pour agir à plus long terme, à paraitre dans Actualité de la formation permanente, Centre Inffo, Saint Denis, 2006,

3. O. Las Vergnas, B. Thomas : Cités des métiers : le pour et le contre d’une approche intégrée de l'orientation tout au long de la vie, in Actes des journées SCUIO, [Francis Danvers, Dir], Lille, 2006

4. O. Las Vergnas,  B. Thomas, Mise en perspective de pratiques complémentaires d'autoformation émancipatrices :
échanges de savoirs, arbres de connaissance et pédagogies personnalisées - SCATE, in Colloque Autoformation, ENFA, Toulouse 2006 cf : http://www.enfa.fr/autoformation/rub-comm/pdf/lasvergnas.pdf

Site du projet scate : http://www.scate.info

Encadré : Qu’est ce qu’une Cité des métiers ?

 Les Cités des métiers (CDM) sont des espaces intégrés de conseils et de ressources au service de tous les publics (jeunes scolarisés ou non et adultes) en recherche de repères, d’orientation et d’information sur les métiers et la vie professionnelle. Elles ont pour mission d’aiguiller les usagers vers tous les moyens d’élaboration et de réalisation d’objectifs professionnels en offrant trois modalités d’usage : des entretiens sans rendez-vous, une documentation imprimée et multimédia en libre service et des ateliers, forums et autres journées d’information, Les CDM sont ouvertes à tous les publics quels que soit le statut, l’âge, le niveau d’étude ou de qualification, et sont d’accès libre et gratuit,

Ce concept est né voici 13 ans, avec la création dans la Cité des sciences et de l’industrie (CSI) de La Villette de la première plate-forme proposant ce niveau d'intégration de services, de publics et de partenaires. En 1999, soit 6 ans après, ouvraient à Belfort, en Côtes d’Armor et à Nîmes trois équipements inspirés de cette expérience et labellisés par la CSI, suivis de peu par ceux de Milan et Gènes. Depuis, le réseau des CDM se développe à partir d’un cahier des charges (voir http://www.reseaucitesdesmetiers.org ) dans des  territoires diversifiés (métropoles comme Paris ou Barcelone, ou territoires plus ruraux comme l'Orne ou les Côtes d'Armor) et dans des contextes contrastés (pays très dotés en structures d'insertion et d'orientation comme la France ou vide de tels outils, comme le centre du Brésil). Il y a actuellement des CDM ouvertes dans 4 pays (France, Italie, Espagne, Brésil) et des projets labellisés dans deux autres (République de Maurice et Portugal). Une préfiguration de Cité des métiers a également fonctionnée en Autriche dans le cadre de l'initiative Equal et des projets sont actuellement envisagés au Vietnam et au Chili..

Le label CDM, commun à toutes ces plates-formes, leur impose d'être un lieu ouvert en accès libre et gratuit à tous les publics, (jeunes scolarisés ou non, adultes actifs ou non), multi-partenaires et permettant toutes les modalités de consultation et d'information, à savoir des entretiens sans rendez-vous avec des conseillers, une documentation imprimée et en ligne ainsi qu’une offre d’ateliers, de forums et de journées thématiques. Elles doivent traiter tous les aspects de la vie professionnelle, et tous les secteurs et être organisées sous forme de pôles de conseils centrés sur les questions des usagers.