Résumé de mon activité scientifique actuelle au sein de l'équipe "apprence et formation des adultes" du CREF
EA 1589 Université de Paris Ouest Nanterre

dossier d'HDR consultable à http://lasvergnas.eu

Sentiment d’auto-efficacité et transgression du genre scientifique scolaire (GSS)

Mon travail s’intéresse aux comportements des non scientifiques vis-à-vis des sciences. Bien qu’ils n’aient pas été sélectionnés comme scientifiques au lycée, certains adultes s’impliquent dans des activités d’”auto-science” par exemple par ce qu’ils sont intéressés par les étoiles ou les volcans ou qu’ils cherchent à vivre plus confortablement avec une maladie chronique. Le point de départ était de comprendre pourquoi les discours des experts de l’action culturelle scientifique répètent les mêmes idées sur la désaffection des sciences depuis au moins 3 décennies. Ils proposent toujours des plans d’action similaires (science expérimentale à l’école, science à la TV, implication des citoyens dans les débats scientifiques) sans effet à grande échelle. Pourquoi les experts n’arrivent-ils pas à multiplier des pratiques d’auto-science au lieu de déplorer une désaffection ?

Comme dans nos pays les personnes non sélectionnées comme techno-scientifiques sont 3 fois plus nombreuses que les autres, j’étudie l’image des sciences qu’ils développent. Mon hypothèse est que l’enseignement formel produit vers 15 à 17 ans) une image stéréotypée de qui est un « scientifique » et de ce qui est « scientifique ». Pour la plus part des non scientifiques, toute activité scientifique ressemble à la science enseignée à l’école ; ceux qui ont reçu des mauvaises notes en sciences ont appris qu’ils ne sont ni autorisés à aller plus loin en termes de savoirs scientifiques ni à pratiquer une activité reliée aux sciences.

Un nouveau concept de “genre scientifique scolaire” (GSS) m’est apparu pertinent pour décrire ce stéréotype. Beaucoup d’adultes savent qu’ils n’appartiennent pas à ce GSS et pour eux le recours à une application personnelle de la science pour résoudre un problème serait potentiellement vécu comme un comportement transgressif.

Je travaille actuellement à établir une description compréhensive des transgressions du GSS comme les épisodes de raisonnement rationnel intériorisé (pour résoudre un problème de la vie quotidienne, l’auto clinique (pour gérer une maladie chronique) ou les loisirs scientifiques expérimentaux (comme ceux conduits dans les clubs scientifiques). Quand les adultes s’autorisent-ils à transgresser les frontières du GSS ? Est-ce que ces activités autodirigées aident à reconquérir un sentiment d’efficacité personnelle vis-à-vis des des savoirs scientifiques ? Est-ce qu’elles peuvent contrecarrer les réminiscences des mauvaises notes ? Quels types de politiques de « culture scientifique » aident à la transgression du GSS par des conduites d’auto-science ?

Mots-clefs : Culture scientifique, Désaffection des sciences, Genre scientifique scolaire, Auto formation

Self-efficiency and transgression of academic scientific gender (ASG)

I work on non-scientists’ behavior regarding science. Although they were not selected as scientists at school, some adults are involved in “self-science” activities, for instance because they are curious about stars or volcanoes or they try to live in a comfortable way with a chronic disease.

My starting point was to understand why experts’ speeches about “public understanding of science” are repeating the same idea about “science abandonment” for at least 3 decades. They always announce similar plans (experimental science at school, science on TV, citizens’ involvement in scientific choices) without any large scale effect. Why experts do not succeeded in multiplying “self-science” situations instead of going on complaining about it being abandoned?

As in our countries people not selected as techno-scientists are 3 times more numerous than others, I study the image of science they receive. My hypothesis is that school produces (around 15 - 17 y.o.) a stereotypical image of who is a “scientist” and what “science” is. For most non-scientists, any kind of scientific activity looks like science taught at school; those who received bad marks in science have learned that they are no more allowed to go further with scientific knowledge and no longer dare to practice any science-related activity.

A new concept of “academic scientific gender” (ASG) seems to me relevant to describe this stereotype. Normally each adult knows if he or she is or is not of this “gender”. And if he or she does not belong to ASG, any kind of self-use of science knowledge to solve a problem by his or her own should be felt as trangressive behavior.

I am working now on providing a comprehensive description of ASG trangressive pathways, such as micro-self-science (to solve daily life problems), self-clinic (to deal with chronic disease) or scientific experimentation as a leisure (for instance in science clubs). When do adults allow themselves to transgress AGS boundaries? Are those self-directed science activities helpful to rebuild self-confident relations to scientific skills or knowledge? Does this erase memory of bad marks? What kind of “public understanding of science” policies strengthens ASG or help ASG transgression by self-science behavior?

Keywords : Scientific litteracy, Public understanding of science, Science abandonment, Self directed learning, Academic scientific gender