Olivier
LAS VERGNAS
Docteur de
l'Université Pierre et Marie Curie
Centre de
Recherche et d'Ingénierie Multilingue
Institut
NAtional des Langues et Civilisations Orientales
30
novembre 1992
Contribution à la description
de textes explicatifs
par des réseaux chronologiques
Eléments pour une problématique
Objet : l'analyse des textes explicatifs
Quand on
écoute les lecteurs de textes explicatifs parler de leur
impressions de progression ou de rupture, on pense à utiliser
des représentations par des arborescences ou plus généralement
des réseaux pour décrire la structure des enchainements des
concepts.
L'objectif
de telles représentations serait de permettre de prédire des réactions
des lecteurs en fonction des descriptions données par un échantillon
de lecteurs témoins, voire même en fonction de critères
automatisables. La mise au point d'un tel outil pourrait également
permettre de faciliter les choix des lecteurs ou des auteurs en
permettant la communication des caractéristiques des textes.
Exemple
Si l'on
demande à des lecteurs de textes explicatifs de représenter ces
textes par un dessin avec une consigne du type : "dessine un
arbre qui décrit comment se structure ce texte...", on
obtient plusieurs types de figures : pour des textes qui enchaînent
des modifications progressives des représentations de leurs
lecteurs, il s'agit de branches verticales (comme un peuplier) ;
pour des textes qui juxtaposent des apports indépendants les uns
des autres, on obtient au contraires des bulles indépendantes (comme
un verger, voire un gazon). Les figures 1.1. et 1.2. jointes
montrent des exemples de telles représentations à partir
d'articles de vulgarisation.
Evidement,
de tels représentations décrivent l'interaction recepteur-texte
et dépendent au moins en partie des caractéristiques du
recepteur. Le travail que nous voulons développer ici part de
l'hypothèse (qu'il faudra évidement vérifier) qu'un certain
nombre de lecteurs (à préciser) réagissent en produisant des réseaux
macroscopiques qui se ressemblent. Il faudra bien sûr répondre
aux deux questions suivantes :
1. dans
quelle mesure ces representations graphiques dépendent-elles des
consignes données aux lecteurs ?
2. dans
quelle mesure ces representations graphiques dépendent-elles des
caractéristiques des lecteurs ?
Objet
exact de l'étude
Nous nous
proposons de mettre au point un outil simple appropriable par les
lecteurs, les auteurs et tous les autres acteurs intervenant à
propos des textes explicatifs.
Ceci sous-entend
de définir un outil, d'en tester la pertinence et la stabilité
(sans doute avec plusieurs itérations définition-test), puis de
voir comment le rendre utilisable pour le public.
Spécificités
:
Chronologique et Macroscopique
Il ne
s'agit pas ici d'étudier toutes les façons de représenter des
textes explicatifs. Nous nous limitons à la mise au point d'un
outil à la fois qui s'appuie sur des descriptions chronologiques
et macroscopiques.
- chronologiques,
c'est à dire qui suivent l'ordre des éléments sématiques dans
le texte, contrairement à d'autres descritions du type de celle
qui sont utilisées pour le "usable text design" qui présentent
statiquement et la globalité du message véhiculé. Nous
introduisons cette restriction pour permettre au lecteur de
suivre en temps réel la description ; en ce sens, nous ne sommes
pas loin des descriptions du type "prise de note" sous
forme de schémas heuristiques voir les figures 2.1., 2.2 et 2.3.
extraites de Tony BUZAN[1] et de Geneviève
LEFORT[2].
- macroscopiques,
c'est à dire qui ne descendent pas au niveau de chaque idée élémentaire
(contrairement aux exemples cités dans Spatial Learning
Strategies[3]) mais qui
traitent des groupes d'idées afin de donner une vue globale d'un
texte.
Formalisation
A partir
de l'exemple cité plus haut , on est amené à se demander si il
faut plutôt mettre en place des règles floues et heuristiques
ou plutôt aller vers une formalisation de consignes explicite.
Si l'on
cherche dans la voie de la formalisation rigoureuse, il faut
alors au minimum définir les "unités sémantiques"
que l'on va traiter et des règles d'enchainement entre ces unités.
les
unités sémantiques
Ces unités
sémantiques sont elles liées à la mise en page et à la
typographie ? Corrolaire : quels types de textes doit-on étudier
? ne doit-on pas se limiter à des textes sans illustrations et
sans enrichissement ? On pourrait commencer par des textes lus (voire
même lus par un synthétiseur de parole).
exemple
de noyau de règle
Intuitivement,
nous avons signalé qu'on trouve des textes ascendants et des
textes horizontaux. Si l'on cherche à donner une règle formalisée
plutôt qu'une regle intuitive, il faut définir quand on monte
d'un niveau ou quand on reste au même (voire quand on
descend).
On peut
s'inspirer de l'expérience suivante qui marche pour deux unités
sémantiques A et B :
Faire
lire B puis A.
Demander
si les lecteurs ont vus leurs représentations du sujet de B
modifiés (en quoi ?) par la lecture de A.
Si oui,
A est "nécessaire" avant B.
On voit
bien que cette expérience ne peut se généraliser facilement. Dès
que l'on arrive à trois paragraphes, le problème devient très
complexe.
De plus,
si l'on cherche des règles automatisables, on serait plutôt
tenter de chercher des règles fondées sur des éléments comme
la fréquence de certains mots signifiants.
Echéances
phase 1.
préciser
ce qui existe vraiment (en particulier autour du Mapping et des
schémas heuristiques de prises de notes).
(décembre-janvier
93)
phase 2.
première
définition d'un cahier des charges pour l'outil
(janvier-février
93)
phase 3.
première
série de définition de publics, règles et textes
définition
de protocoles expérimentaux pour les tester
(soit à
la Médiathèque de la Villette, soit par un éditeur spécialisé).
(mars 93)
phase 4.
première
analyse des résultats des expérimentations
(avril 93)
plusieurs
itérations 2-3-4
(mai 93-
janvier 94)
dernière
phase
conclusions
(février
94)
Eléments
bibliographiques spécifiques
[1] BONO
Edward de. Réfléchir mieux : outils et techniques. Paris
; Editions d'organisation, 1985.
[2] BUZAN
Tony. Une tête bien faite. Paris ; Editions
d'Organisation, 1984.
[3] HOLLEY
Charles D. et DANSEREAU Donald F. Spatial Learning Strategies
: techniques, applications and Related Issues. Adcademic
Press, Orlando, 1984
[4] LEFORT
Geneviève. Savoir se documenter. Paris ; Editions
d'Organisation Université, coll. Méthod'Sup, 1990
[5] VERON
Eliséo, LEVASSEUR Martine. Ethnographie de l'Exposition,
Bibliothèque Publique d'Information ; Paris, 1989.
[6] VEZIN
Liliane. Communication des connaissances et activités de l'élève.
Presses Universitaires de Vincennes, Saint Denis, 1986.
[1]
: BUZAN Tony. Une tête bien faite. Paris ; Editions
d'Organisation, 1984.
[2]
: LEFORT Geneviève. Savoir se documenter. Paris ;
Editions d'Organisation Université, coll. Méthod'Sup, 1990
[3]
: HOLLEY Charles D. et DANSEREAU Donald F. Spatial Learning
Strategies : techniques, applications and Related Issues.
Adcademic Press, Orlando, 1984